Jérôme Zindy : Du rallye au vélo, la révélation de la transition écologique
L'article en Bref
Jérôme Zindy est un fervent défenseur de l'écologie et un passionné de vélo. Après avoir passé plusieurs années dans l'industrie automobile, il a décidé de tout quitter pour réinventer sa vie et son métier. Aujourd'hui, il se consacre à des projets de reportage à vélo, prônant un mode de vie plus sobre et respectueux de l'environnement. Dans cette interview, Jérôme nous partage son parcours, ses motivations et ses expériences marquantes.
Sommaire

Bonjour ! J'ai 36 ans et pendant longtemps, j'ai été passionné par les rallyes automobiles et les véhicules tout-terrain, pour lesquels j’ai travaillé pendant 10 ans, avant de tout quitter pour devenir vélo-reporter.

En 2019, une randonnée en Auvergne a été un électrochoc : j'ai vu les effets concrets du changement climatique sur les éleveurs locaux. Cette expérience m'a poussé à tout quitter en janvier 2020 pour réinventer mon métier de **communicant vidéo **de manière plus écologique.
Après ma prise de conscience, j'ai cherché un moyen de faire de la communication vidéo de la manière la plus décarbonée possible. Le vélo s'est rapidement imposé comme une évidence. J'ai contacté une entreprise spécialisée, qui m'a fabriqué un vélo électrique avec panneaux solaires.
Je voulais parcourir 100 km autour d'Avignon à vélo. Ce projet a marqué un tournant dans ma vie. J'ai découvert le tourisme de proximité et les circuits courts. Ce projet a eu beaucoup de succès sur les réseaux sociaux et dans les médias.
J'ai compris que la véritable réussite n'était pas dans le statut ou les possessions matérielles, mais dans un mode de vie plus en accord avec mes valeurs écologiques. Les participants du Paris-Dakar, bien qu'admirables dans leur domaine, ne sont pas des héros écologiques.
Ce voyage m'a rappelé les sensations de mes expéditions dans le désert marocain, où j'avais l'habitude de me **perdre dans les dunes **à bord de véhicules tout-terrain. Mais cette fois, c'était différent : le voyage à vélo était plus proche, plus intime, et tout aussi dépaysant.
Se déplacer à vélo, c'est être en contact direct avec les paysages et les gens. C'est un moyen de transport simple, léger, et sans impact carbone, qui m'a permis de vivre des expériences humaines profondes. Contrairement à l'univers fermé et bruyant des rallyes, le vélo m'a offert une **liberté et une connexion **avec le monde qui m'entoure, redéfinissant pour moi la véritable essence de l'aventure.

Le vélo est un outil puissant pour la transition écologique. Il est simple, léger, et n'a presque aucun impact carbone. En plus, il permet de vivre des expériences de voyage et de rencontre extraordinaires. Et puis, tout simplement, parce qu'il nous met en mouvement, le vélo rend heureux, et cette joie se transmet à travers les rencontres que je fais sur la route.
L'un de mes projets les plus marquants a été de parcourir plusieurs parcs naturels régionaux pour documenter des solutions d'adaptation au changement climatique. J'ai rencontré des experts en biodiversité, en gestion forestière, et en énergie renouvelable. J'ai parcouru 1500 km avec 15000 mètres de dénivelé positif, tout en étant autonome en énergie grâce à mon vélo solaire. C'était une expérience incroyable qui m'a permis de démontrer concrètement que la sobriété énergétique est possible.

La valorisation de la production locale est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, surtout en ce qui concerne l'agriculture. Reconnecter avec l'agriculture locale et les cultures nationales est essentiel pour réduire notre impact environnemental. Cela signifie promouvoir le bio et l'agroforesterie, diversifier nos modes de production. Manger moins de viande, et surtout éviter les produits issus de l'élevage intensif.
Mon engagement ne s'arrête pas là. Il s'étend à toutes les **actions locales **et à l'utilisation du vélo, qui joue un rôle crucial dans ma vision d'un mode de vie durable et heureux. En fin de compte, c'est en valorisant le local, en termes de production et de mobilité, que nous pouvons créer un impact positif durable sur notre environnement et notre société.
C'est une vérité simple mais puissante. À quel moment avons-nous oublié cette évidence dans la conception de nos villes et villages ? On ne peut pas rendre les gens heureux avec des rues pleines de voitures bruyantes, où les enfants ne peuvent pas jouer librement. On ne peut pas rendre les gens heureux lorsqu'ils sont enfermés dans leurs voitures, stressés dans les embouteillages, et dépendants de leurs véhicules coûteux.
Le vélo permet de résoudre beaucoup de ces problèmes, mais tout le monde ne peut pas faire du vélo, et il faut y aller progressivement. Il est crucial de proposer des alternatives viables et d'accompagner les gens dans cette transition. Par exemple, des solutions comme le télétravail ou des aménagements de proximité peuvent aider ceux qui habitent loin de leur lieu de travail.

N'ayez pas peur de vous lancer, même si vous n'êtes pas un grand sportif. Le vélo électrique est une excellente option pour commencer. Rapprochez-vous des organismes et des communautés de cyclistes qui peuvent vous conseiller et vous soutenir. Planifiez bien votre itinéraire, et surtout, profitez du voyage et des rencontres que vous ferez en chemin. Le plus important est de se lancer et de savourer chaque moment.
Le voyage à vélo est une solution incroyablement durable et enrichissante comparée à l'avion. De nombreuses initiatives se multiplient pour encourager cette pratique, comme les itinéraires cyclables balisés tels que la Viarhôna, et des services comme "Accueil Vélo" qui offrent des hébergements adaptés aux cyclistes. Clairement, il y a un véritable engouement pour le cyclotourisme.
Mais il y a encore tellement de défis actuels. Le secteur aérien continue de croître, soutenu par des subventions et une promotion médiatique massive, tandis que les alternatives durables, comme le train ou le vélo, restent coûteuses et moins accessibles. Il est impératif que des mesures politiques fortes soient mises en place pour rendre ces alternatives plus abordables et attractives. Subventionner les transports durables plutôt que l'aviation est essentiel pour encourager les gens à choisir des modes de voyage respectueux de l'environnement.
##« Les médias nous bombardent de messages contradictoires »

Nous sommes souvent confrontés à des messages contradictoires dans les médias. D'un côté, on nous alerte sur le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, et juste après, on nous propose des **vacances à Djerba **pour 300 euros tout compris. Ce double discours est frustrant et contre-productif. Mais il montre bien la difficulté de concilier les préoccupations environnementales avec les offres de tourisme de masse.
Oui, je suis optimiste. De plus en plus de personnes se tournent vers des modes de vie plus sobres et respectueux de l'environnement. Les infrastructures cyclables se développent, et le tourisme à vélo gagne en popularité. Cependant, il reste encore beaucoup à faire, notamment au niveau des politiques publiques pour rendre ces modes de vie accessibles à tous. Mais chaque petit pas compte, et je suis convaincu que nous sommes sur la bonne voie.

Si je devais en retenir un, ce serait probablement mon projet "De parc en parc" dans la région sud. J'ai traversé des paysages incroyables, des montagnes du Queyras aux Préalpes d'Azur, en passant par l'Ubaye et la vallée du Var. C'était en octobre, hors saison, donc il n'y avait pas beaucoup de monde.
Ce qui rend ces souvenirs si spéciaux, ce n'est pas seulement la beauté des paysages, mais surtout les rencontres. Je suis au contact direct des réalités locales, loin des écrans et des clichés touristiques. C'est une immense richesse.
Chaque jour, j'essaie de comprendre comment évolue l'économie circulaire, le tourisme durable et la consommation. Journaliste de formation, je fais une veille pour vous et vous raconte les dernières tendances !
D'autres articles (presque) aussi sympas pour te faire Kiffer 🤓
Abonnez-vous à la newsletter
Toutes les 2 semaines, recevez les meilleurs contenus par email de bouge
Rejoignez les 500 explorateurs déjà inscrits !
Promis no spams. On parie juste que vous allez chopper le virus de l'aventure